Prairie Bruneau
| Localisation | Mauges sur Loire - Champtocé-sur-Loire (49) |
| Milieux | Prairies |
| Propriétaire | Conservatoire d'espaces naturels des Pays de la Loire |
| Gestionnaire | Conservatoire d'espaces naturels des Pays de la Loire |
| Surface | 94.5913 ha |
Statut : Espace naturel sensible, ZNIEFF 1 et 2, Natura 2000
Quels contexte et enjeux ?
Le site de la Prairie Bruneau constitue un ensemble paysager et écologique de premier plan en basse vallée de la Loire. Intégré dans de nombreux classements et périmètres de protection (ZNIEFF, Natura 2000, Espace naturel sensible, etc.), sa valeur est reconnue également par son paysage de prairies ouvertes (« grande prée ») caractéristiques des vastes zones inondables de la vallée ligérienne en Anjou.
Ce caractère inondable, associé à des pratiques agricoles séculaires par pâturage et/ou fauche ont permis à ces prairies et boires (ancien tracé du lit de la Loire) l’expression de nombreuses espèces protégées, rares et/ou menacées.
Ce sont ainsi plus de 50 espèces à enjeu patrimonial qui ont été recensées sur ce site ou à proximité immédiate, parmi lesquelles des espèces en danger comme le Tarier des près. Envisagé comme pouvant faire l’objet d’un classement en réserve naturelle depuis plus de 20 ans, ce site assure de nombreuses fonctions écosystémiques :
- Espace de divagation du fleuve et prévention du risque d’inondation : en témoigne les nombreuses boires et connexions avec la Boire de Champtocé. La protection du site de la prairie Bruneau contribue donc à protéger une zone naturelle d’expansion des crues, limitant ainsi le risque de submersion de zones, plus peuplées et urbanisées (notamment le bourg d’Ingrandes-sur-Loire).
- Recharge sédimentaire et amélioration du fonctionnement hydro-écologique du fleuve : les grèves sableuses situées aux abords du site ont été concernées par des travaux de suppression d’épis de Loire. Ces ouvrages anciens, construits pour faciliter la navigation, retenaient les sédiments et provoquaient l’abaissement de la ligne d’eau en aval. Avec la protection de l’île Bruneau, la capacité du fleuve à éroder légèrement ses berges est favorisée, les sédiments mobilisés venant alors se déposer dans les zones où le lit de la Loire a été surcreusé par l’action des épis. A son échelle, la protection du site contribue in fine au rétablissement d’un fonctionnement hydro-écologique plus naturel de la Loire.
- Zone d’épuration des eaux et de stockage du Carbone : la végétation des prairies permet en effet d’absorber et de stocker éléments nutritifs et le Carbone. Ceci est d’autant plus vrai dans le cas de la prairie Bruneau, composée de prairies permanentes exploitées via un pâturage tournant, associées à des milieux arborés – ici un réseau de haie.
- Espace paysager et site de récréation de premier plan, avec la présence d’un sentier de balade et randonnée autorisant l’observation d’une part notable du site tout en canalisant le public et les usagers des bords de Loire en dehors des parcelles accueillant bovins et espèces sensibles/protégées.
Quelle gestion ?
Les actions déjà réalisés ou envisagées sont de plusieurs ordres :
- Acquisition foncière de l’île Bruneau fin 2024, par le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire et auprès de la Safer Pays de la Loire ;
- Accompagnement de l’exploitant agricole nouvellement installé via un bail rural à clauses environnemental, sur la prise en compte de la biodiversité : formation, ajustement du pâturage à la sensibilité des milieux naturels, mise en place d’infrastructures agroécologiques en faveur des espèces : respect de période et de pressions de pâturage adaptées aux sensibilités écologiques locales, mise en défens éventuelle de points sensibles (site de nidification d’oiseaux par exemple) par la pose de clôtures permanentes ou temporaires, fauche centrifuge et avec une barre de fauche unique … ;
- Entretien du patrimoine arboré, notamment des arbres têtards ;
- Poursuite des inventaires naturalistes, suivis des espèces patrimoniales et des principales fonctionnalités écologiques des milieux en place ;
- Intégration du site dans une démarche de reconnaissance en « Zone de protection forte » au sens du décret du 12 avril 2022, conformément aux objectifs fixés par la stratégie nationale des aires protégées. Une étude de préfiguration d'une future réserve naturelle labellisée sera envisagée, en continuité avec d’autres sites du Conservatoire situés à proximité immédiate de l’ile Bruneau (île Meslet notamment) ;
- Travail avec les collectivités et organismes compétents pour concilier pratiques d’élevage et accueil du public (animations nature, mise en place de nouveaux panneaux pédagogiques …) ;
- L’ensemble sera synthétisé dans un plan de gestion qui fera régulièrement l’objet d’une évaluation et d’une révision ad hoc.
Ce projet est financé :





Le patrimoine naturel protégé
| HABITATS | Prairies maigres de fauche, prairies longuement inondables, boisement alluvial, pelouses et friches amphibies |
| FAUNE | Amphibiens : Pélodyte ponctué, Triton palmé, Rainette verte Oiseaux : Râle des genêts (disparu), Bruant proyer, jaune et des roseaux, Cisticole des joncs, Tarier des prés, Bergeronnette printanière, Vanneau huppé, Tadorne de Belon, Guêpier d’Europe, Petit Gravelot, Milan noir, Hirondelle de rivage , … Mammifères : Castor d’Europe Insectes : Rosalie des Alpes, Lucane Cerf-volant, Grand Capricorne, Gomphe à pattes jaunes … Crustacés : Lépidure |
| FLORE | Gratiole officinale, Pulicaire vulgaire, Ceraiste douteux, Cardamine à petites fleurs, Inule des fleuves, Limoselle aquatique, Crypsis faux Vulpin, Gypsophile des moissons, Laiche à épis noirs, … |